L’analyse de quelques chiffres sur le secteur des TIC en France et dans le monde laisse à penser que la France et en particulier les entreprises françaises sont beaucoup moins convaincues que d’autres de la nécessité d’investir dans les TIC.
En effet, de nombreux pays ont augmenté leur compétitivité dans le domaine des TIC au cours de ces dernières années : les États-Unis et les pays scandinaves via une différentiation des produits par l’innovation, d’autres pays comme les pays asiatiques et l’Irlande sur la base d’une concurrence par les coûts (main-d’œuvre et/ou fiscalité).
Dans ce contexte la France (comme l’Allemagne) est confrontée au risque de perdre sur les deux tableaux.
L’étude sur « La Recherche & Développement en Sciences et Technologies de l'Information dans les grands pays industriels (Canada, Corée du Sud, États-Unis, Japon, Union européenne dont Allemagne, Espagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède) » publiée en octobre 2003 par le CSTI (Conseil Stratégique des Technologies de l'Information) établit les éléments suivants qui témoignent d’un décrochage de la France et plus globalement de l’Europe en matière de TIC :
- en valeur absolue la R & D STIC des États-Unis représente plus de 2 fois celle de l'Europe et du Japon et plus de 13 fois celle de la France : la part relative de la France dans les investissements globaux en R & D STIC a décliné régulièrement au cours des dernières années passant de 4,9 % en 1997 à 3,8 % en 2003 ; les financements publics étant restés malgré des ruptures de rythme à un niveau relativement élevé ; ceci s’explique par une dégradation continue des financements privés en France sur la période 1997-2003 ;
- la part de la R & D STIC financée par les entreprises françaises qui était de 83,2 % en 1997 s’est progressivement érodée pour n’être plus que de 77,5 % en 2003 ;
- par ailleurs pendant cette même période de référence l’on constate que :
- l'intensité de la R & D STIC est en France 2,4 fois moindre (et globalement en Europe 3 fois moindre) qu'au Japon et aux États-Unis en dépense par habitant, et 2 fois moindre rapportée au PIB en 2003 ; le ratio dépense totale R & D STIC / PIB qui était de 0,40 % en 2001 pour la France n’est plus que de 0,31 % en 2003 ; le financement de la R & D STIC par les entreprises françaises est passé de 5 148 M$ en 2001 à 4 087 M$ en 2003.
- le différentiel d'intensité en R & D STIC au détriment de la France et de l'Europe est plus marqué que le différentiel au niveau de la R & D dans son ensemble ;
- la R & D du domaine des STIC est la seule où l'Europe affiche un tel différentiel négatif avec les autres grandes économies.
L'insuffisante intensité de la R & D STIC des entreprises françaises et européennes est donc la variable explicative essentielle des différences existant entre les États-Unis d’une part et la France et l’Europe d’autre part en matière de STIC. Aux États-Unis 50 % de l’investissement en équipements des entreprises s’effectue en TIC. Ce taux n’atteint pas les 20 % en France.
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